Baignée par les eaux de l’océan, du fleuve Sénégal et du lac le plus important du pays, le lac de Guiers, la région est dans l’ensemble plate et peu élevée avec quelques dunes vives plantées ça et là mais elle présente des paysages très variés :

Population

La région de Saint-Louis constitue un lieu privilégié de convergence de peuples nombreux et divers : Wolofs, Peuls et Maures dans le Delta, Toucouleurs et Peuls dans la Moyenne Vallée.

En 2001, la population avait été estimée à 914.735 habitants avec un taux de croissance annuel de 2,7%.

Histoire

Plus ancienne zone de peuplement du Sénégal, la région de Saint-Louis a connu une évolution historique mouvementée jalonnée par quelques temps forts que sont :

  • la constitution du puissant royaume du Tékrour au XIème siècle, riche de par son commerce d’esclaves, d’or et de sel, et par lequel l’Islam va pénétrer cette sous-région de l’Afrique Noire ;
  • une longue période de sujétion aux grands empires du Soudan Occidental, Ghana d’abord, Mali ensuite ;
  • l’apparition à partir du XVème siècle de royaumes sénégalais autonomes, Fouta Toro dans la Moyenne Vallée, Walo dans le Delta ;
  • l’établissement des Européens sur la côte au XVIIème siècle, en détournant le commerce transsaharien au profit du trafic atlantique, ouvrant l’ère des « compagnies », de la traite de la gomme, des escales et forts sur le fleuve. Le comptoir installé sur l’île Saint-Louis, en 1659, devient la première place forte européenne en Afrique de l’Ouest, base de départ des expéditions vers l’intérieur du pays, puis entrepôt de la traite. En 1854, Faidherbe, Gouverneur du Sénégal, décide de conquérir la Vallée et de soumettre ses populations. Le projet est fortement contesté par les chefs locaux particulièrement El Hadj Omar qui appelle à la guerre sainte contre les Français. Finalement toutes les résistances et révoltes sont écrasées et à partir de 1890, la « pacification » est quasi complète. Les comptoirs fluviaux deviennent de véritables villes escales protégées par d’imposantes fortifications : Dagana, Podor, Matam. L’arrivée du chemin de fer de Dakar en 1885 marque l’apogée commerciale de la ville de Saint-Louis, lieu privilégié de l’empire colonial français. La création de l’AOF en 1895 fait de Saint-Louis sa capitale jusqu’en 1902.

Principaux sites touristiques

L’île de Saint-Louis, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité : Première capitale de l’Afrique Occidentale Française, l’histoire de Saint-Louis se confond avec celle de la colonisation. Considérée comme la vitrine de la France en Afrique, elle fut érigée commune de plein exercice et jouissait ainsi d’un statut particulier. Aujourd’hui, cette cité magique a hérité d’un patrimoine architectural unique : ses maisons ornées de balcons de bois ouvragé, le palais de la gouvernance dont l’architecture rappelle qu’il fut un fort, la très symbolique place Faidherbe ainsi que le pont métallique du même nom, l’ancien conseil colonial, l’hôtel de ville et la maison des sœurs en sont de parfaites illustrations.

Makhana - « L’usine des eaux » ». La station de pompage des eaux de Makhana, vieille de plus d’un siècle, conserve encore les plus anciennes machines à vapeur d’Afrique. Ces installations, véritables prouesses technologiques à l’époque, avaient pour objectif d’approvisionner Saint-Louis en eau douce tout au long des sept mois que durait la décrue et pendant lesquels l’île ne pouvait disposer que d’eau saumâtre en raison de la remontée de l’eau salée. L’usine de Makhana entra en activité en 1885 et fonctionna pendant 67 ans sans aucune avarie jusqu’à son arrêt définitif en 1952.

Les parcs et les réservesdjoudj

Le parc national des oiseaux du Djoudj : Situé à 60 kilomètres de Saint-Louis, le Djoudj, première zone humide d’importance au sud du Sahara, s’étend sur 16.000 hectares de lacs, de marigots et de terre. Troisième parc ornithologique du monde et classé patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1981, le Djoudj, accueille jusqu’à 370 espèces d’oiseaux : pélicans, flamants roses, chevaliers combattants, sarcelles, spatules, aigrettes, dendrocygnes, hérons, cigognes, grues, etc. Ainsi, de novembre à avril, plus de 3 millions d’oiseaux migrateurs d’Europe du Nord et de l’Afrique de l’Ouest y sont dénombrés. Une vingtaine d’espèces de mammifères peuple aussi le Djoudj : phacochères, hyènes, singes, gazelles dorcas, crocodiles, varans du Nil, etc.

Le parc national de la Langue de Barbarie et la réserve spéciale de faune de Guembeul : Véritable refuge pour les oiseaux et les tortues de mer, la Langue de Barbarie s’étire de Saint-Louis à l’embouchure du fleuve Sénégal dans un cordon bordé d’immenses plages de sable fin d’une beauté rare. Les principales espèces : des mouettes à tête grise, des goélands railleurs, des sternes caspiennes et royales, des aigrettes et des garzettes, en font un lieu de grande curiosité. A l’embouchure, à quelques kilomètres de l’îlot de reproduction des oiseaux, les eaux du fleuve et de l’océan se muent en un ballet magique. A mi-parcours vers le parc, la réserve de Guembeul présente des gazelles, oryx et tortues terrestres qui sont en élevage pour un repeuplement saharo-sahélien.

Le Vallée du fleuve : lieu de rencontre et de métissage, le fleuve Sénégal voit se développer autour de sa vallée des ethnies, des activités, des cultures mais aussi des paysages différents. Des zones agricoles inondables du Walo aux zones d’élevage plutôt sèches du Diéri, se succèdent des villages peuls, wolof et même maures dans toutes leurs spécificités architecturales et culturelles.

Dans la zone Toucouleur (Podor, Matam), les mosquées omariennes, construites en argile dans le style soudanais, remontent au 18ème siècle. Au milieu de ces villages isolés les uns des autres, on découvre d’anciens forts et comptoirs de traite sur les quais de Dagana, Podor, Matam. Une longue tradition agricole est attestée à Richard-Toll (à 110 km de Saint-Louis) où subsistent les restes d’un jardin d’acclimatation de plantes, importées dès 1822 et d’un château à la façade monumentale connu sous le nom de la « Folie du Baron Roger », ancien gouverneur et initiateur du projet.

Principaux produits touristiques

Balnéaire  : Pratiqué sur la Langue de Barbarie

Chasse : Au niveau du Delta

Ecotourisme, nature, découverte

  • Le Djoudj, parc naturel d’intérêt mondial : Il est ouvert de novembre à mai.
  • Le parc national de la Langue de Barbarie et la réserve spéciale de faune de Guembeul : Ils sont ouverts toute l’année et la visite des deux parcs sont d’habitude combinée.
  • La mangrove : Au sud de Saint-Louis, à une quinzaine de kilomètres de l’embouchure du fleuve Sénégal, une balade en pirogue permet de découvrir une formation végétale d’une beauté exceptionnelle : la mangrove. Lieu de reproduction de plusieurs espèces d’oiseaux, de poissons et de crevettes, ces îlots de palétuviers sont d’un grand intérêt écologique. Elle se visite toute l’année.
  • La broussarde : La découverte de la région environnante, le long du fleuve et aux portes du Sahara, amène le voyageur vers des villages de brousse toujours hospitaliers. De Makhana à Rosso Sénégal en passant par le barrage de Diama, cultures et traditions sont au rendez-vous : artisanat local, traditions maures et peules, ancienne usine à vapeur de Makhana, pêche artisanale, ouvrages du barrage, rizières, etc.
  • Le tour du lac de Guiers : C’est une boucle de près de 250 km à parcourir autour d’un paysage essentiellement composé d’acacias et de baobabs où les populations peuls et wolof pratiquent des activités diverses. D’immenses troupeaux de zébus autour de points d’eau rappellent qu’on est dans une des plus grandes zones pastorales du Sénégal. Le marché hebdomadaire du samedi à Keur Momar Sarr présente une affluence de commerçants, de clients, de produits variés et une animation des plus colorées.

Evénementiel

  • Le Festival de Jazz : en mai
  • Les régates : septembre ou octobre
  • 1, 2, 3, Musiques : week-end de la Toussaint
  • Le Fanal : dernière semaine de décembre

Circuits découverte patrimoine

  • Saint-Louis, ville d’art et d’histoire. Des panneaux numérotés de 1 à 31 racontent l’histoire de la ville de Saint-Louis, son architecture et son art de vivre. Le circuit de découverte urbain, qui démarre à partir de la gouvernance, permet notamment de découvrir les maisons et infrastructures de commerce, la mosquée historique et la zone militaire dans la partie Nord de l’Ile. Dans la partie Sud, l’accent est mis sur l’architecture privée (maisons hautes et basses) et les bâtisses d’époque coloniale (conseil, écoles, etc.). Sur le continent, la gare de Saint-Louis, l’Ecole des Otages et le Jardin d’Essai méritent également une visite.
  • Dagana et Richard-Toll, entre Diéri et Walo. Richard-Toll : la “folie” du Baron Roger (panneau n°33) : Cette construction est la résidence édifiée aux abords de Richard-Toll par le Baron Roger, premier Gouverneur civil du Sénégal de 1822 à 1827, dont le nom est lié à la politique de mise en valeur agricole commencée par le Gouverneur Schmaltz. Ce vaste bâtiment à étages construit au milieu d’un parc rappelle par son style certains châteaux (“folies”) du 18ème siècle en Europe. Richard-Toll est avant tout le témoin de l’évolution des pratiques agricoles au Sénégal commencées avec le jardin d’essai de Richard, ancien directeur de l’agriculture, qui a laissé son nom à la ville. Aujourd’hui, la ville vit au rythme de la Compagnie Sucrière Sénégalaise qui, depuis 1967, a multiplié la production de canne à sucre et constitue la principale industrie de la ville.
  • Rosso, ville frontière : La ville de Rosso Sénégal, reliée par un bac à sa jumelle de l’autre rive, Rosso Mauritanie, ouvre la porte sur le désert mauritanien avec son embarcadère où affluent voyageurs et marchands.
  • Dagana, ville escale : le fort et les quais (panneaux n°34 et 35) : L’importance de Dagana en tant qu’escale découlait principalement de sa situation à l’endroit où le fleuve, du fait du resserrement de son lit, facilitait la traversée des caravanes le long de l’axe de transhumance Nord-Sud du lac Rkiz vers le Djolof. Afin d’assurer la protection du commerce sans cesse menacé par les razzias, un fort a été construit à Dagana vers les années 1820. A côté, des maisons de commerce du 19ème siècle, alignées le long du fleuve, donnent un caractère imposant et urbanisé à ce quartier de l’escale.
  • Podor - Le fort et les quais (panneaux n°36 et 37) : Le premier fort de Podor fut créé en 1744 par Pierre Barthélémy David. Occupé par les anglais de 1758 à 1783, il est repris par les français puis abandonné en 1788, en mauvais état. Restauré en 1854 par le Capitaine de génie Faidherbe, futur gouverneur du Sénégal, le fort joua un rôle prépondérant dans l’établissement et le maintien de l’hégémonie française sur le fleuve Sénégal et en pays toucouleur. Un peu plus loin, le quartier de l’escale est constitué d’une enfilade de maisons trapues à deux niveaux faisant face au fleuve avec une double entrée : sur le quai face à la Mauritanie et sur la rue commerçante. En 1859, les maisons de commerce Guillaume Foy, Teisseire, Singer, Maurel, Devès, ..., y étaient installées et pratiquaient essentiellement un commerce de troc dont la pièce maîtresse était la gomme.village
  • Ile à Morphil - Le souvenir d’El Hadj Omar (panneaux n°38 à 42) : Issu d’une modeste famille du village d’Alwar dans l’île à Morphil, El Hadj Omar forma un empire qui s’étendait de Tombouctou au Fouta-Djalon. Il opposa une longue résistance à la conquête coloniale avant de disparaître dans les falaises de Déguembéré, au Mali. Non loin de sa maison natale, la mosquée d’Alwar, construite vers la deuxième moitié du 19ème siècle, est considérée comme la plus ancienne du Fouta. De style soudanais, avec des murs faits de briques de terre séchée et recouverts d’un crépis de ce même matériau, c’est la mosquée où venait prier El Hadj Omar, d’où le nom générique de “mosquée omarienne”. D’autres mosquées du même type se trouvent dans les villages environnants de Donaye, Guédé et Mboyo.
  • Médina Ouro-Mahdyou - Le mausolée (panneau n°43) : ce petit édifice, construit en 1926, avec ses bois et ses céramiques d’inspiration arabe, est le mausolée de Cheikh Amadou Mahdyou, défenseur acharné face à la conquête coloniale.
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    st14Située aux confins de l'Océan, du Sahara et de la brousse, Saint-Louis fut toujours la meilleure introduction à la découverte de l'Afrique.
    Célèbre étape d'abord des navires européens de la Traite, puis de l'aéropostale de Mermoz, l'île conserve d'importants témoignages de son prestigieux passé.

    Car Saint-Louis du Sénégal a un passé exceptionnel qui lui confère une renommée internationale. Plus ancienne ville construite par les français en Afrique de l'Ouest, l'Histoire de Saint-Louis se confond avec celle de la colonisation.
    Considérée comme la vitrine de la France en Afrique, elle fut érigée commune française de plein exercice et jouissait ainsi d'un statut particulier. A partir de 1916, les saint-louisiens étaient alors français à part entière (ainsi que les habitants de Gorée, Dakar et Rufisque).

    Pour sa possession, les anglais et les français ont bataillé ferme mais au final c'est la France qui en conserva le contrôle le plus longtemps jusqu'à l'indépendance du pays. Le nom de l'île Saint-Louis a été donné en l'honneur du Roi de France et elle est appelée Ndar par les sénégalais (en wolof).

    Saint-Louis fut la capitale du Sénégal mais aussi de l'Afrique Occidentale Française autrement dit une région de 4 689 000 km² comprenant la Mauritanie, le Sénégal, le Soudan français (devenu Mali), la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Niger, la Haute-Volta (devenue Burkina Faso) et le Dahomey (devenu Bénin).

    De nos jours, son patrimoine architectural et culturel est tel que Saint-Louis du Sénégal fut classée en l'an 2000 au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Son célèbre pont Faidherbe qui la relie au continent date de 1865. Il est l'initiative du Gouverneur Louis Faidherbe, officier du génie sorti de Polytechnique.

    De nos jours, Saint-Louis, ville accueillante et chaleureuse, n'est plus qu'une capitale régionale du Sénégal mais son passé glorieux ressurgit aux détours de ses rues. En plus de son patrimoine historique, les marchés très typiques et animés de N’Dar Toute et de Sor, le célèbre quartier des pêcheurs de Guet Ndar, Saint Louis bénéficie d'un environnement naturel exceptionnel. Les longues plages de sable fin constituent une richesse indéniable. A proximité de la ville se trouve deux parcs naturels : le Parc aux oiseaux de Djoudj (troisième réserve ornithologique au monde) et le Parc de la Langue de Barbarie. Le parc de Djoudj a été classé en 1980 « zone humide d'importance internationale » par la Convention de Ramsar, puis inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco en 1981.

    Le plan d'eau exceptionnel de Saint-Louis

    Située dans un site amphibie du delta du Fleuve Sénégal, elle se trouve dans une zone de formation quaternaire particulièrement basse et plate. La forme du site résulte d'un alignement dunaire peu élevé, orienté nord-est, sud-ouest sur la partie continentale.
    st1A l'Ouest, un cordon littoral (langue de Barbarie) a donné une forme générale au relief et à l'hydrographie. Seuls les terrains situés à l'Est du site se trouvent dans les zones exondées.
    Le site de Saint-Louis a une structure tripolaire, il s’agit :
    1 - de la Langue de Barbarie, entre fleuve et océan,
    2 - de l'Ile,
    3 - du Sor.
    Le réseau hydrographique de Saint-Louis a été déterminant dans l'architecture du site. Le plan d'eau naturel du Fleuve est soumis aux fluctuations saisonnières. Les crues peuvent atteindre une côte de 1,80 mètre. En saison sèche, le débit du Fleuve est presque nul et le niveau moyen à Saint-Louis est celui de la mer.

    Le patrimoine architectural de Saint-Louis

    La ville de Saint-Louis est une création européenne, construite ex-nihilo, organisée à l'origine à partir d'un navire ancré au large de la côte. En 1633, la Compagnie du Cap-Vert établit un premier comptoir pour la traite des esclaves sur une île à l'embouchure du fleuve. Dix ans plus tard, le comptoir est transféré par Louis Caullier dans une zone moins inondable, l'île de Ndar, qui prend alors le nom de Saint-Louis en l'hommage au roi de France.

    L'implantation est protégée par une habitation fortifiée en brique de terre séchée, cantonnée de bastions, édifiée à partir de 1659. Durant le XVIIIe siècle, le fort est transformé et agrandi ; quelques dizaines de maisons en pierre importée, ou plus généralement en brique cuite, sont élevées à proximité sur des terrains concédés à l'usage des commerçants et des soldats. Ces maisons en dur sont entourées de huttes de paille ou de roseaux destinées aux domestiques ou à des entrepôts de marchandises.

    Le temps passe et Saint-Louis forme une petite ville au plan régulier rythmé de rues étroites et bien alignées, divisée en deux quartiers de part et d'autre d'un fort et de la place d'armes. Les autochtones et les esclaves s'installent aux deux extrémités de l'ile.

    En 1780, la ville compte 7 000 habitants dont 660 européens et 2400 mulâtres.

    Les Signares, femmes issues de métissage entre les européens de passage et les saint-louisiennes bâtissent des maisons à étages avec cour intérieure et appartements privés dont une partie est louée aux militaires, personnels administratifs et négociants européens.

    Le commerce de la gomme s'intensifie et attire de nombreux ruraux. La ville compte en 1838 près de 12 000 habitants. Dès 1820 des sociétés de négoces, souvent originaires de Bordeaux puis Marseille, ouvrent des agences à Saint-Louis. Après l'abolition de l'esclavage en 1848 les sociétés comme Maurel et Prom vont élever le long des quais de vastes entrepôts où s'échangent les marchandises amenées par le fleuve et les produits manufacturés importés.

    st2Reflet d'un développement intensif, de nombreux bâtiments civils, publics, religieux et militaires voient le jour dès la première moitié du XIXe siècle : l'église est inaugurée en 1828, les hôpitaux militaire et civil ouverts en 1822 et 1840, le palais de justice édifié de 1844 à 1846, les casernes d'Orléans et Rognat élevées en 1830 et 1843, l'institution des soeurs de Saint-Joseph de Cluny et l'école des frères Ploërmel fondées en 1826 et 1841, et la mosquée achevée en 1847.

    De 1854 à 1864, Faidherbe entreprend une série de travaux qui confirme l'essor de la ville. Il dégage les voies de circulation, trace le boulevard extérieur et commence l'aménagement des quais, lutte contre les inondations par des travaux de remblais et d'assainissement des berges, réglemente l'implantation des constructions notamment à la périphérie, encourage les constructions en dur, rase une partie des paillottes, édifie une nouvelle prison et un hospice civil pour les indigents et relie l'île à Guet Ndar et Sor par des ponts permanents.

    L'âge d'or de la ville s'étend durant le dernier quart du XIXe siècle. A partir de 1879, elle est le siège du Conseil général de la colonie dont on achève le bâtiment en 1888. En 1895, Saint-Louis devient la capitale de l'Afrique Occidentale Française (A.O.F.) regroupant le Sénégal, le Soudan, la Guinée et la Côte d'Ivoire. Le chemin de fer reliant Dakar à Saint-Louis arrive à Sor en 1885 (la gare actuelle ne datant que de 1908) et le pont Faidherbe à charpente métallique remplace le pont de bateaux en 1897. L'île est alors dotée d'une adduction d'eau potable, de trottoirs et d'un éclairage public ; la totalité de la superficie habitable est lotie. A cette époque l'île compte 20 000 habitants.

    En 1902, le transfert de la capitale de l'A.O.F. de Saint-Louis à Dakar sonne le glas de cette belle époque qui se prolonge jusqu'à la première guerre mondiale. A ce moment, quelques constructions administratives comme l'hôtel consulaire (1936), les châteaux d'eau (1937) et des immeubles modernes sont encore construits entre les deux guerres mais l'essentiel de l'innovation architecturale se situe alors à Dakar malgré l'augmentation de la population qui double entre 1936 et 1950. On enregistre un dernier sursaut de constructions administratives dans le quartier sud comme le centre de l'I.F.A.N. élevé en 1957. L'approche de l'indépendance achève le déclin de la ville avec le transfert définitif du gouvernement du Sénégal à Dakar en 1957-1958 et en novembre 1960 celui de la capitale de la Mauritanie à Nouakchott.

    Une architecture coloniale originale

    L'île Saint-Louis présente un ensemble urbain, architectural, historique et culturel parmi le plus remarquables de l'Afrique de l'Ouest. C'est un des exemples bien conservé de villes coloniales, anciens comptoirs commerciaux développés à partir d'un fort comme à Gorée, Rufisque et Carabane au Sénégal et Grand-Bassam et Bingerville en Côte d'Ivoire. Ce site lagunaire et marécageux est choisi pour des raisons stratégiques en raison de sa proximité de la mer et de la facilité de défense. Le tracé orthogonal de la trame viaire implantée à partir du fort est caractéristique du plan des villes nouvelles coloniales tracées par les officiers du génie. Le centre est quadrillé par des îlots carrés de 30 m de côté qui se prolonge du nord au sud par des îlots de même largeur mais plus allongés de 75 m de long. Les îlots transversaux encadrent les deux types précédents et bordent les deux bras du fleuve. Les structures géométriques des îlots sont inversement proportionnelles à leur éloignement du centre et à leur ancienneté. L'espace des îlots d'habitation aux parcelles surdensifiées est saturé, laissant peu de place aux espaces verts.st35

    On y retrouve une architecture de type méditerranéenne adoptée à partir de la première moitié du XIXe siècle au climat tropical et au milieu colonial : maison autour d'une cour, répartissant lumière et fraîcheur. Près de la moitié des maisons sont en rez-de-chaussée : le tiers d'entre elles, construites en brique portent des toitures de tuiles mécaniques, à deux versants, le reste est couvert en terrasse avec acrotères dont les avancées forment un pare-soleil.

    Les maisons à étage, légèrement moins nombreuses que les précédentes, construites en brique, s'organisent également autour de la cour. Les logements de l'étage sont distribués en enfilade par une coursive et disposent côté rue de portes-fenêtres symétriques donnant sur un balcon généralement protégé par un auvent en tuile mécanique. Les plus vieilles balustrades sont en bois, quelques unes en fer forgé. Les plus récentes et les plus restaurées sont en ciment.

    La plupart des rez-de-chaussées de ce type de maisons étaient à usage de boutiques dont les plus anciennes s'ouvraient dans des arcades en plein centre. Les enduits des maisons les plus anciennes sont colorés en ocre ou en rose et les entrées sont soulignées par des encadrements moulurés et peints.

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